Ringier
Montres Passion
Previon AG
L’union fait la force...
Par amour, envie, coup de cœur ou collectionnite aiguë, tout acheteur d’une montre la fait immédiatement sienne, la baptisant même du nom du modèle ou de la marque. Souvent, pourtant, il ignore ou feint d’ignorer que, derrière son garde-temps, il y a non pas un vieil horloger, seul à sa layette dans la lumière d’un rigoureux hiver jurassien, mais bien toute une industrie. Une industrie faite de quelques grands groupes et de manufactures, mais, surtout, de centaines de PME, de milliers d’emplois et de machines qui usinent, coupent, découpent, gravent dans le bruit, l’huile et la chaleur.
Contrairement aux prévisions, le nombre de marques que la crise devait faire trépasser n’est pas si élevé qu’annoncé. C’est ailleurs qu’elle a fait des ravages. Utilisés comme tampons pendant les périodes euphoriques, pressés d’investir en machines et en hommes pour honorer les commandes, maints fournisseurs – ces fameuses PME – ont vu leurs carnets de commandes fondre comme neige au soleil. Etranglés, endettés, ils ont bien tenté d’user des licenciements et du chômage partiel pour tenir. Hélas, et les discours euphoriques de ce début d’année n’y changeront rien, leur situation reste périlleuse. Ils sont nombreux à flirter avec le gouffre.
Leur disparition ne fera pas les grands titres des médias et, pourtant, c’est tout un tissu industriel, des savoir-faire et des compétences qui mourront. Les marques, les grandes, elles, résisteront, tout comme celles dites de très haute horlogerie, dont les besoins en mouvements sont infimes. Mais quid de toutes les autres?
Rappelons en effet que sur le terrain de la production industrielle, apte à concurrencer ETA, seules Soprod et Sellita se sont profilées. Or, ni l’une ni l’autre ne sont issues d’un regroupement de marques concernées par la fermeture du robinet souhaitée par les Hayek, fatigués que leur groupe soit considéré comme le supermarché de l’horlogerie où une foule de marques – et pas des moindres – viennent s’approvisionner en composants, en ébauches ou en mouvements prêts à être emboîtés, tout en le critiquant ou en le poursuivant devant la Comco.
Ainsi, et contrairement à ce que beaucoup croient, le récent coup de gueule du patriarche, menaçant de stopper toute livraison, y compris celle de composants, est peut-être à considérer non pas comme la menace d’un méchant abuseur de monopole sur l’avenir de l’horlogerie suisse, mais comme un dernier aiguillon salvateur. Que ces centaines de PME et de petites marques enfin se fédèrent et s’unissent! Que, ensemble, elles investissent, développent et créent calibres et mouvements afin de pérenniser l’avenir de l’industrie horlogère suisse... Sinon? Sinon, le prix à payer sera bien plus considérable.

© Copyright by Montres Passion - www.montrespassion.ch - 09.09.2010  Haut de la page